mardi 29 septembre 2009

GUITAR FREAKOUT (1981)



GUITAR FREAKOUT
House of Chadula # 1981A
Guitar Freakout (1982) / Secret Of The Cooler (1983) / The Birdcage (1983) / The Porthole (1984) / The Rake II (1981).
EC : acoustic and electric guitars, bass, harmonica, plunger, rake, birdcage, percussion, voice, tapes, various effects, mix, etc.

Parallèlement aux productions sur labels officiels, le docteur stakhanoviste a sorti en une vingtaine d’années un nombre incalculable de cassettes autoproduites, vendus lors des concerts ou par correspondance. La création de son label House of Chadula prolonge de manière moins anarchique la libre diffusion de ce qu’il nomme lui-même sa « diarrhée musicale ». C’est aussi l’occasion d’exhumer une partie des trésors du passé, non réédités jusqu’alors, tels ces cinq pièces mythiques du début des années 80 (période Shockabilly) qui témoignent de ses plus folles expérimentations solos enragées d’alors. « Guitar Freakout », figurant justement sur une de ses toutes premières cassettes, est non pas une reprise de The Venture mais un morceau de bravoure à la gloire de l’instrument le plus rock’n roll, organisé selon un collage savant et vertigineux de près d’un millier (!) de fragments d’enregistrements live ou studio, avec parfois l’insertion ponctuelle de dialogues de films (« you fucked my wife ! »). Une pièce de « résistance », qui emprunte autant au processus de The English Channel (carambolage incessant laissant place au hasard) qu’à son jeu au sein de Shockabilly (l’énergie convulsive, les accords et gimmicks rock) dans un grand déballage indescriptible aux éclairs électrisants, ravageant tout sur son passage, bourré de gags et de pieds de nez au conformisme des guitar heroes. Impossible de s’ennuyer pendant ces 23 minutes d’aventure démesurée, digne des meilleurs délires du Zappa des débuts. « Secret of the Cooler », basé sur le même principe mais en plus furieux et bordélique, va encore très loin dans la folie et le sens aigu du burlesque (cf. les râles et aboiements de chiens). « The Birdcage », du nom d’un de ses instruments bricolés, à partir d’une cage métallique branchée en saturation sur ampli, n’est pas mal non plus dans le genre, augmenté de guitares, de citations (Beatles, Kinks, Hendrix), de bandes accélérées, de brouillages et de superpositions. En comparaison « The Porthole » est moins éclaté et se concentre sur une suite de frottements et maltraitances diverses, en exploitant comme matériau musical (chose pas encore banale à l’époque) les bruits et parasitage des branchements et contacts des micros. Enfin pour achever l’ensemble une excellente pièce au râteau électrique, géniale invention d’absurdité, dont il tire une gamme expressive de sons et de motifs étonnamment riche (« the Rake has feelings »).
EG



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