vendredi 5 février 2010

WARSAW (2001)


WARSAW
House of Chadula #2001F

There's a small Hotel / Hickory Wind (G. Parson) / I Don't Live Today (J. Hendrix) / Purple Haze (J. Hendrix) / I'm Glad There is You (Dorsey/Mertz) / A Good Year For The Vine (EC) / Old Man From The MT. / Sound of Music (Hammerstein/Rodgers) / Apeman (Ray Davies) / Snowdrop / Clear Spot (D. Van Vliet) / Rhoob a Train / Everyone's been Burned (D. Crosby) / Corcovado / Byob Club (EC) / 19th Nervous Breakdown (Jagger/ Richard)

EC : guitar, banjo, voice
Paul Lovens : selected and unselected drums and cymbals

Intégralité d'un concert enregistré en 2001 dans la capitale polonaise et dernière publication en date (2006) du duo Me and Paul, moins productif que le Jack and Jim Show mais sans doute plus subtil, par le foisonnement complexe des baguettes de Lovens, techniquement et musicalement bien plus étendu que le battement primitif qui fait tout le charme du jeu de Big Jim mais en fixe aussi les limites créatives. Lovens et Chadbourne servent un menu riche et varié : exaltation rock psyché ( "19th Nervous Breakdown", "Byob Club"), brûlot hendrixien ("I don't leave today", "Purple Haze"), délicatesse et pudeur des sentiments ("I'm Glad There is You", "Everyone's been Burned"), nuit douce d'humeur bossa ("Corcovado"), reprise nouvelle ("Apeman"), cheval vapeur carburant aux 5 cordes ("clear spot" suivi de "Rhoob a Train"), country bandante ("Old Man from the MT") voire débandade ("A Good Year For The Vine"), bouquet de déconnade et guitare fulgurante ("Sound of Music")... A l'est peut-être rien de nouveau mais quand même au final leur disque le plus accessible où irradie leur génie d'entertainer de luxe.

EG

jeudi 4 février 2010

CHADBOURNE WITH GUESTS (1996)

Une cassette! Ca commence avec un superbe duo avec Ted Reichman à l'accordéon: un standard de jazz, Solitude et un peu de country avec Lonesome Fugitive, l'histoire d'un type qui vit sur l'autoroute et ne peut se fixer nulle part, et plus loin They can't take that away from me. Ensuite, sur scène, et sous les rires incrédules du public, Chadbourne et le percussionniste Garth Powelle cassent tout: on entend des tonnes d'argenterie tomber des armoires, avec une collection de casseroles pleines de chaînes et de boulons. Puis Ted Reichman revient pour un See Emily play accordéoné, qui mute en une reprise musette (j'exagère à peine) du Psychotic reaction des Count Five. Le reste de la bande est rempli de longues méditations banjoïstiques (un Prélude de Bach notamment, anticipant la publication de German country and western quelques années plus tard, mais aussi un "clash of the cordes molles" avec Duck Baker à la guitare nylon (sic) pour un Lament for Sonny introspectif), ça se poursuit avec le saxophoniste Dan Plonsey (hommage à Bird avec Parker's mood) et s'achève par une rencontre avec le Ernest Tubb Memorial band, autour d'un Waltz across Texas qui taille en sucette et culmine dans un dialogue banjo/violon dissonnant avec Carla Kihlstedt, bientôt nourri par l'irruption de la basse de Georges Cremaschi. Une cassette apaisée et toute entière tournée vers le plaisir de la rencontre.
ALG

mardi 2 février 2010

lundi 1 février 2010

HANK GONZALES PEDAL STEEL (1991)

Longue métitation guitaristico/banjoïstique, Hank Gonzales pedal steel est une cassette (remplie jusqu'à la gueule, deux fois 45 mn). Chadbourne divague, fait son yoga en assouplissant ses cordes et tannant ses peaux, et délivre une de ses infusion de tai chi cannabistique dont il a le secret. Tout est dans le flux, ici, dans la plus pure tradition des tape madness, mais doublé d'ambient (atmosphère de chambre close avec deux types fumés au bois de hêtre ou vieillis en fût de chêne): on se baigne dans ces gazouillis, ces machins, ces intrusions, ces décoctions. Ca commence comme un bouillon de culture bien frappé, pour amateurs de vol astral intra utérin, puis ça bifurque en discussions de guitare et de piano ivres à cinq heures du matin, avant de s'achever en chansons (How can you kill me, évidemment, mais pas seulement) en yodel (!) et en quelque chose d'autre, mais quoi?

ALG

PSYCHADELIDOOWOP - CAMPER VAN CHADBOURNE (2000)


PSYCHADELIDOOWOP
Swamp Room 3868-6 - 2000

Milestones (Miles Davis) / Knock on The Door (Phil Ochs) / Right Track (Phyllis Dillon/Hopeton Lewis) / Summer Day Reflection (Donovan) / Wiggles The Worm (Funkedelick) / Saint John's River (Trad.) / Good Year For The Wine / Fred Burch and Tandy Rice) / Milestones (Miles Davis).

EC : acoustic and electric guitar, banjo, vocals
Victor Krummenacher : electric bass, tambourine, vocals, tambourine, baritone guitar, upright bass
Jonathan Segel : violin, mandolin, mega mouth, dan tranh, dan nhi, dan bau, betan bowl, DL4 delay modeller, Chinese toy violin, radio shck voice memo recorder, mini cassette, mini DJ hiphop, Vietnamese frog clickers, Chinese box
Graham Connah : DX7
Walter Malli : soprano sax

Si le retour de CVC avait quelque peu déçu avec le frustrant Revenge of Camper Van Chadbourne, le groupe retrouve sa cohésion après de nombreux concerts lui permettant d'aborder sereinement l'enregistrement de ce nouvel album studio impeccablement produit. Débarrassé des défauts qui plombaient le brouillon précédent, le trio opère un recentrage de ses forces maitrisées sans perdre ses qualités de décontraction et de douce folie, inventant un genre de jazz rural postpsychédélique, teinté de folk et bluegrass laid back. Cela donne une épatante version de « Milestones » déroulée sur le fil tranchant d'une énorme basse et d'une guitare nerveuse sur les chapeaux de roue, des pièces en forme de tuerie funk-à-délique (« Wiggles The Worm ») ou de bastringue joyeusement éthylique (« Good Year for The Wine ») jusqu'aux (dé)rives inquiétantes et psyché de la « Saint John's River ». Jonathan Segel est responsable des effets et bruitages (voix et ambiances captées en Chine, Japon, Cambodge, Allemagne, …) posé en arrière plan cinématographique et ajoutant de l'écho à la tendance une fois de plus « Country Protest » du projet ("Warning Parents : Narrow-minded ultraconservative zealots will want to note this album and keep it away from their kids ! It contains lyrics of an explicit social and political nature accompanied by outrageous music »).
Notez que le label allemand Swamp Room à édité une version vinyle picture disc, mais amputée de deux morceaux : le « Summer Day Reflexion » de Donovan et la très différente mais néanmoins excellente version live de « Milestones » jouée en Autriche avec le renfort de Walter Malli.
EG

REBUILD NEW ORLEANS IN IRAQ (2005)

REBUILD NEW ORLEANS IN IRAQ
House of Chadula # 2005C

Rebuild New Orleans in Iraq (EC) / Fables Of Faubus (Mingus) / Nightmare on Helms Street (EC/Bernstein) / People Will Vote for Whoever Gives Them Food (EC) / Charter (EC) / Remember Rockfeller at Attica (Mingus) / Reincarnation of a Lovebird (Mingus) / Way To Blue (Nick Drake) / Banish Misfortune (traditionnal) / "I think I've Got Enough Strings for this improv" (Bishop/EC) / Duke Ellington's Sound Of Love (Mingus) / Who Knows Where the Time Goes (S. Denny) / Angels of Reality (EC/ Lizzie Chadbourne).

EC : guitars, banjo, voices
Richard Bishop : guitar

La gestion « contestable » des catastrophes et conflits qui frappent l'Amérique Bushienne ravive une fois de plus les velléités protestataires d'un musicien citoyen affligé mais malgré tout philanthrope. D'ou la sombre tonalité de l'album et le choix de chansons teintées de dépit, colère ou ironie, compensés par la lueur d'espoir et la beauté des thèmes de cet autre héros (reçu en d'autres temps à la Maison Blanche !) que fut Charles Mingus. A l'exception de la version au banjo des moqueuses « Fables of Faubus » (morceaux déjà repris avec les Violent Femmes et Camper Van Chadbourne ; dénonçant les mesures racistes anti-noirs du gouverneur de l'Arkansas en 1957) c'est le compositeur hypersensible et délicat, plutôt que l'homme en colère, qui est célébré ici. Chadbourne l'interprète magistralement, intériorise les mélodies et développe ses improvisations dans la plus grande clarté, précision et vélocité du phrasé (« Reincarnation Of A Lovebird »), témoigne malgré la difficulté des thèmes d'une habile maitrise de l'harmonie et des variations rythmiques (« Rockfeller »). Le mélange de suavité et de tristesse (« Duke Ellington's Sound of Love ») évoque beaucoup le registre des Eddie Chatterbox on Broadway. Ces enregistrements proviennent d'un concert à Green Bay lors du Mingus Festival de 2005.
Chadbourne livre par ailleurs deux nouvelles chansons (le sarcastique « Rebuild... » et « Angels of Reality » écrit par sa fille), une reprise inédite de Sandy Denny, quelque uns de ses classiques personnels (l'agité « Nightmare on Helms Street », le désabusé et crépusculaire « People Will Vote », « Charter ») ou traditionnels (joli tricotage de « Banish Misfortune » mais version assez moyenne de « Way To Blue » de Nick drake). Il retrouve enfin Richard Bishop des Sun City Girls pour une improvisation grouillante et indémêlable (proche du duo avec Henry Kaiser).
EG

LIBERATION LIBBA NATION (1995)

Un des plus énormes délires du docteur, Liberation libba nation est un concept album sur la vie de Elizabeth Cotten, auteur de Freight train (?). C'est du moins ce que prétend Chadbourne, qui se livre ici à une orgie de tape madness, craquant, cassant, épilant son banjo, le lançant par-dessus l'horizon, ou applatissant des taupes avec. Grésillements, radio mal captées, bruits, coups, râclage, voix qui reviennent et s'en vont, relents de je ne sais quoi, disques rayés, extraits de blues et de gospel (Ce i want to be ready inlassablement répété - qui parle? Et surtout pour quoi est-il prêt? Peut-être qu'au terme d'une longue ascèse, il est enfin prêt à écouter Liberation libba nation?), voix de ses filles, les sensationnelles Lizzie et Molly, mais sous hélium, ou encore des extraits de sa femme chantant a capella. L'ensemble sonne comme si Chadbourne avait d'un coup déversé son grenier à sons dans un cerveau/silo à grains, à l'aide d'une trompe d'éléphant cosmique, avant de tout moudre et de disperser les cendres dans l'espace. Must dans le genre, le disque ne sonne comme rien d'autre, et fait presque mentir le bon principe chadbournien: "You always find weirder music."
ALG