vendredi 28 octobre 2011

DOC CHAD, par Chris Cameron

AMBER AND OTHER COMPOSITIONS (With Billy Mc Carroll) - 2011


Ce disque documente un live enregistré en 1977 à la Dandelion Gallery, à Calgary, Canada, ville où Chad avait à l'époque trouvé refuge (fuyant le Vietnam): le docteur croise le fer (de sa guitare acoustique) avec le bassiste Billy Mac Carroll, lequel n'est pas en reste en matière de développements vertigineux. Les compositions en question sont celles que Chadbourne affûtait à l'époque, de Marcella Bienvenue à Amber, donc, ou l'étrange Floyd Dan radio show et ses sonorités lunaires, obtenues par préparation guitaristique (fusion? décoction? lacération?). A noter: une reprise deThelonious Monk (Ruby my dear) et Eric Dolphy (245). L'ensemble, très bien enregistré et restauré, est un généreux duel, sur fond d'improvisation foisonnante.
ALG 

samedi 22 octobre 2011

LOCALYPSO

AKI TAKASE PLAYS "FATS" WALLER - 2004


AKI TAKASE – FATS WALLER PROJECT2004 – Enja
Aki Takase : piano, toypiano, arangement
EC : vocal, banjo, (Bo Diddley Gretsch red) guitar
Rudi Mahall : bassclarinet
Thomas Heberer : trumpet
Nils Wogram : trombone
Paul Lovens : drums

Lookin´ Good, But Feelin´ Bad (Fats Waller) / Vipers Drag (F. Waller) / Ain´t Misbehavin (F. Waller) / Handful Of Keys (F. Waller) / Any Tune, But Fats Tune (Aki Takase) / Your Feet´s Too Big (Ada Benson/Fred Fisher) / Intermezzo 1. (Aki Takase) / Do You Know What It Means To Miss New Orleans (Louis Alter) / Intermezzo 2. (Aki Takase) / Hold Tight (F. Waller) / Kuroneko Yamato (Aki Takase) / Intermezzo 3. (Aki Takase) / I Have Got A Feeling I´m Falling (F. Waller) / Tintenfisch In Wien (Aki Takase) / Kauf Dir Einen Bunten Luftballon (Anton Profes)

Petit bout de femme mais néanmoins grande dame, Aki Takase sait comme nulle autre extraire la sève des grands (m)hêtres pour nourrir son inspiration d'avant garde. La compagne du Herr und Meister Alexander Von Schlippenbach (!) s'est déjà frottée à Ellington, Monk, Dolphy, WC Handy (et plus récemment Ornette Coleman), avant d'inhaler les vapeurs alcooliques de l'énorme Thomas « Fats » Waller. Voilà comme on dit un brillant hommage ou l'on retrouve la verve iconoclaste et débonnaire de Fats et ses combos infernaux, augmentée de poussées free euphorisantes, de ruptures et de subtils chamboulements rythmiques qui semblent couler de source, évoquant fortement les « Changes » de Mingus. L'équilibre y est parfait entre les reprises chantées par Eugene, les joutes de courtoisie et les solos pleins d'éloquences (merveilleux Thomas Heberer !), les passages improvisés succédant naturellement aux parties composées tirées au cordeau. Ce disque - logiquement primé - est fait pour réconcilier les amateurs de (tous) les jazz !
Ceux qui n'ont pas eu la chance de les voir sur scène se rattraperons avec l'excellent documentaire tourné par Stéphane Jourdain et paru en DVD (
http://www.lahuit.com/store/fra/show/66
).
EG


lundi 17 octobre 2011

MY NEW LIFE 16 - 1989/1990


MY NEW LIFE 16solo (1989) + duo à la Music Gallery de Toronto (1990)

EC : electric and acoustic guitars, voice, electric rake
Bob Wiseman : keyboards, accordion

Sperm Sample / Rake V.S Plunger Megadeath / Olli's Playhouse / Nicaragua / White Boots Marching in a Yellow Land / One More Parade / Oral Histories collected by Billy Taylor / Cops of The World / Cocaine for Children / Another Day Gone Lawman Wrong / Feel Like Panama / Ruins of Our Own / 8MHINS90AI / 10 Most Wanted List / Helms Call.

Une cassette à mettre en bonne place dans l'inventaire des axiomes dadasophiques du maître. Etude de l'industrie artisanale illustrée par des attaques d'electric rake affiné au mâchefer, critique de la déraison mais éthique de la protest song débordant sur l'aile gauche, apologie du pied de nez soutenu par la croyance en un modèle participatif d'une audience complice, science de l'anarchie et recherche du sens interdit, sans oublier la nécessité d'une approche anthropologique du cas Mickael Jackson... Devant l'ampleur de la tâche, Chadbourne est aidé par Bob Wiseman, canadien prolifique (producteur, acteur, pianiste improvisateur, chanteur folk pop...), naviguant de l'avant-garde barrée (John Oswald) à la chanson la plus mainstream (Edie Brickell - adoubée par Bill Gates...) et déjà repéré dans les réunions occultes de la Chadbourne Baptist Church. Son orgue vrillé de fuzz démoniaque et son accordéon tonique font merveilles. 
EG

vendredi 14 octobre 2011

I LOST MY ASS IN LAS VEGAS/MUPPET ON THE WAY (1986, rééd 2011)


Ce disque obscur, sorti en 2010, est à porter au crédit de Mike Schafer, compilateur de l'ombre qui s'est fixé comme tâche (herculéenne) de numériser et réhabiliter les cassettes les plus folles du docteur, sans pour autant y laissr sa peau et sa raison. Ici, il exhume deux monuments du genre, I lost my ass in las vegas et Muppet on the way, constitués d'extraits de live, de démos maison, et de diverses curiosités, dont des extraits radio où Chadbourne dialogue avec une grand-mère à qui il déclare: "You've got a wonderful one-track mind." Le son est sale, lofaille, destroy, le réglage entre le son clair et la distorsion de l'ampli est comme toujours approximatif, ce qui fait que le docteur fait encore plus de bruit avec le clair qu'avec son overdrive hypermetalzone. En revanche, quand il se sert du rake, c'est pour déflagrer d'étourdissants nuages radioactifs de poudre sidérurgique en suspension, particulièrement quand il fait, à l'antenne, une démonstration pour épater la grand-mère, qui ne semble pas plus ébouriffée que ça par cette séance de pliage de tôle musicale. Les morceaux "studio" sont les démos du futur Vermin of the blues.
ALG  


mercredi 12 octobre 2011

HORROR PART 13: THE IMPOSSIBLE CONCERT OF DARIO ARGENTO - Avec ANDREA CENTAZZO (2011)


Sur ce dernier volume de la série Horror, Eugene Chadbourne, secondé par le percussionniste Andrea Centazzo, tente un hommage à Dario Argento. Les deux malfaiteurs nous livrent ici une longue plage improvisée où Chadbourne égrène ses chapelets d'arpèges pétaradants, qui confinent à la grappe dionysiaque trempée dans l'acide, tandis que Centazzo, maître en lueurs, développe un arsenal de cymbales végétales froissées, percutées de rayons lunaires, et se transforme à tout bout de champ en gamelan humain, tintinnabulant de toutes ses clochettes avec cette fantaisie de traîneau de Père Noël qui n'appartient qu'à lui. On se promène dans une véritable forêt sonore, foisonnante et enchantée où, on a beau chercher, il n'y a définitivement pas trace de zombies. Au milieu des clairières, passant de l'une à l'autre en fonçant dans les feuillages, Chadbourne et Centazzo jouent au petit Poucet en semant des notes étranges, obtenues illégalement, chaussés de bottes de sept lieues et se refilant tour à tour le rôle de l'ogre.
ALG