
Live capté lors de la tournée solo 2008 du docteur, publié par le label NITCO (Nail in the coffin), ce CDr servi dans un paquet de café présente un florilège de compositions de Chadbourne:
The sky got flatter, l'entêtant
Election song et son inventaire protest/surréaliste, l'excellent
People will vote ou
The old Piano, ou même
People with too much, chanson géniale, toutes déflagrées avec moults arpèges non-euclidiens, et chantées d'une voix délicieusement fausse, mais avec autant de coeur qu'un vieux chanteur des Appalaches. Mention spéciale à
When you dream about bleeding, sorte de rêve lysergique matelassé de trémolos électriques, gros trip menaçant et hanté, qui se transforme vite en
City of corruption, classique chadbournien, expédié ici à grand renforts de solos tortueux joués à la vitesse du bobsleigh (ou blob sleigh peut-être). Le docteur alterne guitare, banjo, tresse des barbelés électriques (le son clair est sytématiquement réglé trop fort par rapport au canal distorsion, ce qui fait qu'à chaque fois que Chad appuie sur la pédale, l'effet est complètement raté, mais c'est visiblement le cadet des soucis du docteur, qui n'est pas là pour jouer
Smells like teen spirit), et achève le show par un massacre général au rake, dans un déploiement de forces particulièrement violent. A noter également: quelques tendres reprises, du
Whisin' all these old things were new de Merle Haggard au
Stardust de Hoagy Carmichael, en passant par
Walk away de James Gang. Un disque d'artisan au sommet de son art, entre simplicité apparente et complexité infinie.
Arnaud Le Gouëfflec